Dimanche 28 Janvier 2007
doremi
>« Toute note de musique doit finir en mourant » cette réplique on la doit au film d’Alain CORNEAU, Tous les matins du mondes", vous ne connaissez pas ? Pas de panique cliquez sur le lecteur en bas de l'article
) mais comment sont nées les notes de musiques ? sans vouloir en aucun cas jouer les spécialistes, ( pour cela je vous invite à faire un tour chez un certain baroqueux) voici ce que je peux vous en dire, alors si la réponse vous intéresse bienvenue à la fin du Xème siècle…
C’est à un certains Guido d’Arezzo (990/1050), théoricien de la musique, que l’on doit ce principe de notes. Il s’inspira d’un Hymne des vêpres pour trouver un nom à chaque note de l’octave. Il a tout simplement détaché la première syllabe au début de chaque verset :(Ut)queant laxis) pour que puissent
(Re)sonare fibris résonner des cordes
(Mi)ra gestorum détendues de nos lèvres
(Fa)muli tuorum les merveilles de tes actions
(Sol)ve populli enlève le péché
(La)bii reatum de ton impur serviteur
Sanctes Ionaes ô Saint Jean
Poème écrit par Paul Diacre (730/799) – Hymne à St Jean Baptiste

Au début la gamme utilisée par Guido d’Arezzo ne comportait que 6 notes. On a donc obtenu : ut, ré, mi, fa, sol, la. Le « si » n’est nommé qu’à la fin du 16ème siècle grâce au moine français Anselme de Flandres. Le « ut » deviendra « do » au 17 ème siècle, d’après ce que j’ai pu en lire peut-être pour une prononciation plus facile ? La notation alphabétique était en usage avant la trouvaille du théoricien, mais elle montrait des limites en matière de mémorisation et de chant. Elle est pourtant encore d’actualité dans les pays anglo-saxon et en Allemagne. A B C D E F G (la, si, do, ré, mi, fa, sol). On pourrait se demander pourquoi donner ainsi un nom aux notes ? Dans sa communauté religieuse de Pomposa (Italie) Guido d’Arezzo est un moine bénédictin et forme les jeunes chanteurs, tout en poursuivant ses études de musique liturgique. Il deviendra théoricien de la musique en inventant la solmisation, ancêtre de notre solfège. Il s’agit en fait de l’aboutissement de sa démarche d’enseignant. Car pour faciliter et accélérer l’apprentissage du chant à ses élèves, il a voulut mettre au point une méthode plus simple et efficace que ce qui existait.
Avant la solmisation, c’était plutôt le règne de la mémorisation pure à partir de l’écoute et la répétition de mélodies des années durant pour que tout finisse par renter. Un jeune moine mettait ainsi près de 10 ans à acquérir l’ensemble du répertoire de son ordre ou abbaye ! Il faut également rappeler qu’au début de la musique liturgique, le chant se devait d’être aussi simple et dépouillé que les moines qui le chantaient. Parce que seules comptaient alors vraiment les paroles et l’on se devait de rester modeste pour s’adresser à Dieu. C’est ce qui existe le dépouillement des chants, au Moyen Age, et la lente évolution des manuscrits de musique et du besoin de notation : plus la mélodie était sobre, comprenant peu de volutes et ornements, moins les indications étaient nécessaires. C’est avec le chant grégorien que les choses vont vraiment évoluer. Guido d’Arezzo va changer la donne ; Il rend systématique le principe de la ligne pour la transcription de la notation musicale et en ajoute deux à l’existant (4 en tout). Il fixe ainsi l’utilisation de la portée. Les notes prennent donc une place précise sur les lignes et non plus en marge du texte. Les notes étant désormais fixées, elles peuvent facilement être repérées par le chanteur et donc identifiées. Il ne reste plus qu’à leur donner un nom…Il décide donc de nommer les notes et trouve un moyen mnémotechnique (Hymne à Saint Jean) pour que ses élèves s’en souviennent). Il fallait juste y penser…
La Rêveuse Marin Marais (1656-1728) par Jordi SAVALL
Par rameur, Dimanche 28 Janvier 2007 à 17:45 GMT+2 dans La hotte du colporteur





