Mardi 6 Mars 2007
Cent ans de guerre
Pour un voyage en musique :
Plange regni/Tu qui gregem tuum ducis
Guillaume de Machaut (1300-1373)
Le Jugement du Roi de Navarre (1349)
Ensemble Gilles Binchois, Dominioque Vellard
Vaste sujet que de vous raconter ici en quelques lignes la guerre de cent ans, important épisode de notre histoire et au sujet duquel je reviendrai plus en détails vous retracer ici les dates les plus marquantes.
Mais en guise d'introduction laissez moi vous en rappeler les principales lignes.
C’est tout d’abord une affaire de princes pour des raisons féodales et successorales. Le roi d’Angleterre Edouard III veut envahir la France. Le roi Philippe VI de Valois (1293-1358) réunit le ban et l’arrière ban pour l’en empêcher. La noblesse française meurt sans gloire, mais avec courage.
Elle fait la découverte des archers anglais. Encore quelques désastres et elle se résoud à changer de tactique. Il lui faut plus de cent ans pour l’emporter contre un royaume 4 fois moins peuplé, l’Angleterre d’Edouard III (1312-173) n’a pas 4 millions d’habitants, la France en a sans doute prés de 12 millions. Il est vrai que les buts de guerre n’ont pas seulement l’innocence de l’imagerie féodale. Si le roi d’Angleterre est installé en Guyenne, c’est qu’il y trouve les vins de Bordeaux qui voyagent bien en mer et se revendent très cher. Si le roi de France veut à tout prix dominer les Flandres, c’est que les industries textiles du Nord, qui disposent de la laine anglaise et de l’argent italien rapportent gros. La France de l’ouest est la plus riche : elle à des mines, du sel, des villes prospères de gros herbages et de beaux troupeaux. Les anglais pour l’emporter, ont un atout maître ils viennent de détruire en 1340, dans le port de l’Ecluse, une flotte franco-castillonne qui s’apprêtait à envahir l’Angleterre, Edouard III est le maître absolu du Channel, il conquiert Calais et Boulogne. Il tient la porte de France.Tout est noir dans le royaume, la peste et le prince noir, prince aux chevauchées meurtrières
La peste noire qui fait 1 mort sur 2 français, laisse un souvenir d’horreur. Ce prince noir fils du roi d’Angleterre se taille un fief par la terreur dans le sud de la France, on s’en souvient encore aujourd’hui dans le fond de nos campagnes. 1346 bataille de Crécy, 1356 celle de Poitiers. Le roi de France d’alors est prisonnier des anglais. Le pauvre Jean le bon (1319-1364) est fait prisonnier par son vainqueur le prince noir, pour solder sa rançon il faudra faire payer les français. Ils se révoltent à Paris et dans les campagnes à leur tête Etienne Marcel (v1316-1358) ce sont les Jacques maîtres un moment du Beauvaisis, écrasés par un ami des anglais « Charles le mauvais » (1332-1387) l’ambitieux roi de Navarre. Assiégés par les troupes royales, Etienne Marcel ouvre les portes de Paris aux anglais qui ne sont pas loin. Encore 2 ans de guerre et les anglais imposent la paix de Brétigny (1360) qui donne au roi d’Angleterre la moitié de la France. Le roi Jean est incapable de s’acquitter de sa rançon, libéré sur parole, il retourne à Londres et meurt en prison.
Du Guesclin (v1320-1380) qui pour le compte de Charles V dit « le Bon » (1338-1380) réussit une série de coups de mains contre l’occupant anglais. Il poursuit jusqu’en 1364 Charles le mauvais, rendant ainsi la Normandie aux français. Il se retourne ensuite contre les anglais à qui il fait une guerre d’embuscades. Ce redoutable preneur de citadelles s’attaque à toutes les places anglaises, ces derniers sont ainsi peu à peu chassés de toutes les provinces que leur avait accordé la paix de Brétigny. A sa mort en 1380 Du Guesclin ne laisse plus qu’aux anglais 5 villes : Bordeaux, Calais, Cherbourg, Brest et Bayonne.
La même année meurt Charles V, et le prince noir peu avant son père Edouard III. En France le roi Charles VI (1368-1422) est fou depuis 1392. Ses oncles brûlent de se combattre. L’ambitieux duc d’Orléans est en rivalité avec l’ami des anglais, le duc de Bourgogne Philippe le Hardi (1342-1404). Les armagnacs du parti d’Orléans entre en conflit armé avec les bourguignons. La France non contente d’être déchirée avec la guerre anglaise, entre en guerre civile. Le conte d’Armagnac relit le midi à son écharpe blanche. Mais le duc de Bourgogne à l’appui des Anglais. En 1415 le roi d’Angleterre Henri V (1387-1422) débarque en Normandie. De Honfleur il gagne la Picardie et de nouveau la chevalerie essuie une défaite : c’est la bataille d’Azincourt (1415) ; Les seigneurs ont chargé comme aux croisades et sont décimés par les archers anglais, cachés derrière des palissades. Ils n’ont pas retenu les leçons de Du Guesclin. Leur imprévoyance ouvre de nouveau aux chevaliers anglais les portes du royaume. Henri V se croit sûr du duc de Bourgogne Jean sans peur (1371-1419), mais le duc hésite et négocie. Il est assassiné par les armagnacs en 1419. Le roi d’Angleterre peut être tranquille, il n’aura alors pas de plus sûr allié que le nouveau duc de Bourgogne Philippe le bon (1396-1467). Et il en a besoin car son ambition est sans limites, il obtient en 1417 que le roi fou et la reine Isabeau (1371-1435) dépossèdent du trône de France, le dauphin Charles (1403-1461) et lui donnent la main de leur fille Catherine
Il peut se faire reconnaître ainsi par le traité de Troyes en 1420 comme l’héritier de la couronne de France. Désormais la lutte est inexpiable, désespérée. Le dauphin Charles héritier du royaume n’est maître que de la région de Bourges. Heureusement Henri V meurt en 1422, 2 mois après Charles VI. L’hériter d’Henri est un bébé d’un an. Son oncle Bedford (1389-1435) est nommé régent et administre la France anglaise. Contre lui les seigneurs du centre et du midi, et certains capitaines vont se rallier au dauphin Charles. Il était temps car les anglais assiégeaient déjà Orléans, et sans armée Charles risquait vite d’être écrasé. Jeanne d’Arc (1412-1431), venue de Domrémy, en Lorraine, apportait à l’armée du dauphin la foi qui devait lui donner sa cohésion et son impact. En ce siècle de foi ardente la « petite Jeanne » avait eu grand mal à s’imposer, à se faire reconnaître comme l’envoyé de Dieu. Mais elle avait fait merveille à Orléans (1429). La jeune Lorraine allait galvaniser, de village en village, la volonté de résistance et de redressement d’un pays qui ne demandait qu’à vivre. Il lui manquait un roi, par la grâce de Jeanne, Charles VII fut sacré à Reims (1429). Désormais les français du Nord ne pouvaient ignorer le « gentil dauphin ». Les anglais comprirent immédiatement l’importance de Jeanne d’Arc, et dés sa capture ils ne perdirent pas de temps pour la juger et la mettre au bûcher pour hérésie en 1431. Son martyre allait faciliter la réconciliation des français, le duc de Bourgogne traita avec le roi de France, le roi de Bourges entrait enfin dans Paris.
Les combats reprendraient contre les anglais, mais Charles VII disposait d’un royaume uni reconstitué. En 1449 il entrait dans Rouen. Un an plus tard il écrasait l’armée anglaise à Formigny (1450). Il reprit une à une toutes les villes occupées, avant d’être définitivement vainqueur à Castillon en 1453. Restait les bourguignons, l’état du grand duc était presque souverain, même s’il reconnaissait la suzeraineté du roi de France. Il était maître de la riche Flandres et de nombreux territoires du Nord. Louis XI héritier de Charles VII devrait lutter toute sa vie contre le duc hériter, Charles dit « le téméraire ». C’est seulement par la défaite de Charles à Castillon en 1453, que le roi de France pourrait conclure heureusement la guerre de cent ans, en rassemblant véritablement sous la bannière royale l’ensemble des terres françaises en 1477.
Par rameur, Mardi 6 Mars 2007 à 14:32 GMT+2 dans La hotte du colporteur





