rameur

Chenonceaux

chenonceaux

Le 31 Mars 1547, le roi de France François 1er, meurt au château de Rambouillet. Sa disparition marque la fin du règne de sa maîtresse Anne de Pisseleu, duchesse d'Etampes, tandis que l'avènement de son fils Henri II assure la fortune de Diane de Poitiers, la nouvelle favorite. Cette veuve qui atteint un âge respectable pour l'époque (près de 50 ans) saura se faire passionnément aimer de ce roi plus jeune qu'elle de 20 ans, que, forte de son expérience elle n'hésite pas à conseiller. Les gages de cet attachement seront nombreux, et se traduiront entre autres par des dons proprement royaux : certains des joyaux de la Couronne, des bijoux à profusion, des terres et un château, non des moindres puisqu'il s'agit de Chenonceaux.

Lorsque Diane de Pöitiers emménage à Chenonceaux, le château se résume au corps de logis initial, flanqué de quatre tourelles d'angle, édifié dans le lit de la rivière entre 1513 et 1521.

En construisant CHENONCEAU sur le Cher au XVI ème siècle, Thomas Bohier rase le château fort et le Moulin fortifié de la famille des Marques et n'en garde que le donjon : la Tour des marques, qu'il transforme dans le goût Renaissance.L'avant-cour reproduit le plan de l'ancien château médiéval délimité par les douves. A côté de la tour, subsiste aussi Le Puits orné d'une chimère et d'un aigle, emblème de la famille Marques.

La nouvelle maîtresse des lieux reprend les travaux, commande à Philibert de l'orme le pont à cinq arches enjambant le Cher, édifié entre 1556 et 1559 et fait dessiner un vaste jardin ainsi qu'un potager où poussent melons et artichauts. Pour financer ces aménagements, Henri II lève spécialement un impôt sur toutes les cloches de France. Le procédé, contestable inspirera à Rabelais ce commentaire acerbe « Le roi a pendu toutes les cloches du royaume au cou de sa jument ».

chambre de Diane de Poitiers

De nombreuses pièces composent cet édifice, dont la chambre de Diane de Poitiers. Dont voici quelques richesses : La cheminée de Jean Goujon, sculpteur français de l'Ecole de Fontainebleau, porte (ainsi que le plafond à caissons) les initiales d'Henri II et Catherine de Médicis : H et C entrelacées pouvaient former le D de Diane de Poitiers. Le lit à baldaquin est du début du XVII ème siècle et les fauteuils Henri II sont recouverts de cuir de Cordoue. Le portrait de Catherine de Médicis quand à lui date du XIX ème  peint par Sauvage.

Deux tapisseries des Flandres du XVI ème siècle, aux dimensions considérables représentent : le triomphe de la force, montée sur un char tiré par deux lions, et environnée de scènes de l'Ancien Testament. Et le Triomphe de la charité, figurée sur un char, tenant dans sa main un cœur et montrant le soleil, entourée d'épisodes bibliques. Vous pourrez aussi admirer « la vierge à l'enfant », peint par Murillo.

 

Profondément humiliée par cette liaison partout affichée, la reine, Catherine de Médicis, attend en silence son heure. Celle-ci arrive enfin, dans la nuit du 10 juillet 1559. Henri II succombe à une blessure infligée par le Capitaine de ses gardes écossais Gabriel Montgomery, au cour d'un tournoi. La première pensée de la veuve du roi est pour l'ancienne favorite, sommée de restituer les bijoux de la Couronne qui sont en sa possession. L'été passé, Catherine exige que Chenonceaux, propriété royale, lui soit également rendu même si, pour la forme, elle l'échange à sa rivale contre Chaumont qu'elle vient d'acquérir.

Diane, également châtelaine d'Anet où elle a chargé Philibert de l'Orme d'édifier une nouvelle demeure, avait conçu Chenonceaux comme un gracieux petit château, destiné à abriter ses amours avec Henri. Catherine, la Florentine, eut davantage d'ambition pour cette résidence devenue le symbole de sa revanche, dont elle fit le théâtre permanent de sont insatiable vengeance.

Sur le pont édifié par Diane, Catherine fait élever, une galerie à deux étages, longue de 60 mètres, immense salle de bal dallée de noir et blanc depuis laquelle les invités peuvent admirer les divertissements à l'instigation de la reine. Pour accueillir son fils François II, qui vient d'épouser la reine d'Ecosse, Marie Stuart, Catherine dépense une somme qui représenterait aujourd'hui plusieurs millions d'euros. Lors de la réception en l'honneur de Charles IX, on assiste à des batailles navales sur le Cher et à des danses où figurent des sirènes, des nymphes et des satyres.

Chenonceaux, qui passe successivement aux mains de César de Vendôme, fils légitimé du roi Henri IV, puis au prince de Conti, renoue avec certain éclat au XVIII ème siècle, en devenant la propriété du fermier général Claude Dupin et de son épouse Louise, les grands parents de Georges Sand. Esprit éclairé, Louise Dupin fait venir à Chenonceaux des philosophes, des artistes, des écrivains et des savants

Après l'assassinat de son époux le Roi Henri II par le moine Jacques Clément, le 1er Août 1589, Louise de Lorraine se retire à Chenonceau dans le recueillement et la prière. Environnée de religieuses qui vivent au château comme dans un couvent, et toujours vêtue de de blanc selon l'étiquette du deuil royal, elle sera nommée « la Reine Blanche ». Autour du plafond d'origine, sa chambre a pu être reconstituée. C'est saisissant quand on y pénètre, elle s'orne d'attributs de deuil de larmes d'argent, cordelières des veuves, couronnes d'épines et de la lettre grecque y lambda initiale de Louise, entrelacée de Henri III.

L'atmosphère à la fois pieuse et funèbre de cette pièce est soulignée par le Christ à la couronne d'épines et à la scène religieuse, peinture sur bois du XVI ème siècle, qui orne la cheminée. Le mobilier est du XVI ème.

Chenonceau présente aux visiteurs divers tableaux dignes des plus grands et qui en font la fiertée de cet édifice qui est à l’heure actuel le monument le plus visitée après le château de Versailles. Venez vous en rendre compte par vous même si un jour vos pas vous mènent en Touraine, vous rencontrerez Rubens, Mignard, Rigaud, Le Corrège, Le Primatice et bien d’autres…

En sortant du Château, on découvre les deux jardins qui l'encadrent. A droite, Le jardin de Diane de Poitiers dont l'entrée est commandée par la maison du Régisseur : la Chancellerie, construite au XVI ème siècle. En son centre se trouve un jet d'eau. Ce jardin est protégé des crues du Cher par des terrasses surélevées depuis lesquelles on a de beaux points de vue sur les parterres de fleurs et sur le Château. A gauche le jardin de Catherine de Médicis plus intime, avec un bassin central et depuis lequel on découvre la façade ouest.

Chef-d’œuvre de la première Renaissance en France, Chenonceau enjambant le Cher, y reflète ses blanches façades. Son architecture gracieuse et aérienne, débarrassée de toutes contraintes défensives,n’est sans doute pas étrangère à la passion qu’il suscita auprès des femmes. De Diane de Poitiers à Marguerite Pelouze, en passant par Catherine de Médicis, six femmes ont fait de ce château d’agrément le joyau du Val de Loire.

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

aucun commentaire - aucun rétrolien

Page précédente | 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 | Page suivante